Vous placez de l’argent sur un livret A depuis des années, sans forcément vérifier si un autre livret vous rapporterait davantage. Depuis le 1er février 2026, le taux d’intérêt du livret A est passé à 1,5 % et celui du LEP à 2,5 %. Un point de pourcentage d’écart, cela paraît modeste. Sur un livret rempli au plafond, la différence devient très concrète.
Ce que la formule de calcul du taux change pour votre épargne
Le taux du livret A et celui du LEP ne sont pas fixés au hasard. Ils reposent sur une formule qui combine deux données : la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac et celle du taux €ster, le principal taux monétaire de court terme en zone euro.
A lire en complément : Quelle somme d'argent peut on donner en cadeau en toute légalité en 2026 ?
Quand l’inflation ralentit, les taux baissent mécaniquement. C’est ce qui s’est produit début 2026. Le livret A est passé de 1,7 % à 1,5 %, le LEP de 2,7 % à 2,5 %.
La nuance à retenir : le LEP bénéficie d’un bonus dans la formule. Son taux ne peut pas descendre en dessous d’un plancher supérieur à celui du livret A. Résultat, le LEP offre toujours un rendement plus élevé que le livret A, quelle que soit la conjoncture.
A voir aussi : Impôt sur revenu simulateur : évitez les mauvaises surprises en 2026
Plusieurs économistes anticipent une possible remontée du taux du livret A autour de 1,8 % dès août 2026, en raison d’un regain inflationniste observé depuis le printemps. L’inflation est passée de 0,3 % en janvier à 2,2 % en avril 2026, avec des projections proches de 3 % pour les mois suivants. Si cette tendance se confirme, les deux livrets pourraient voir leur rémunération remonter à la prochaine révision semestrielle.

Livret A à 1,5 % contre LEP à 2,5 % : combien cela représente concrètement
Prenons un exemple simple. Vous avez 10 000 euros placés. Sur un livret A à 1,5 %, vous touchez 150 euros d’intérêts par an. Sur un LEP à 2,5 %, vous touchez 250 euros. La différence : 100 euros nets, sans impôt, sans risque.
Pourquoi cette comparaison à 10 000 euros ? Parce que le plafond du LEP est fixé à 10 000 euros depuis le 1er octobre 2023. Le livret A, lui, monte jusqu’à 22 950 euros. Si vous avez davantage à placer, le livret A prend le relais au-delà du plafond du LEP.
Les deux livrets partagent des caractéristiques communes :
- Intérêts totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux
- Épargne disponible à tout moment, retraits possibles sans pénalité
- Capital garanti par l’État pour le livret A, le LDDS et le LEP
Le vrai avantage du LEP n’est pas la souplesse (les deux livrets sont identiques sur ce point), mais un rendement supérieur d’un point sur chaque euro placé.
Conditions d’éligibilité au LEP : le revenu fiscal de référence
Vous ne pouvez pas ouvrir un LEP librement. L’accès dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR), celui qui figure sur votre avis d’imposition. Pour une personne seule (1 part fiscale), le seuil est fixé à 23 028 euros de RFR.
Ce plafond de revenus varie selon le nombre de parts du foyer. Plus votre quotient familial est élevé, plus le seuil monte. Un couple avec deux enfants a un plafond bien supérieur à celui d’un célibataire.
Vous avez peut-être déjà remarqué que votre banque vous redemande un justificatif chaque année. C’est normal : l’éligibilité au LEP est vérifiée annuellement. Si vos revenus dépassent le seuil, la banque vous laisse en général un délai avant de clôturer le livret.
La Banque de France a signalé dans son rapport sur l’inclusion financière publié en octobre 2025 que près d’un tiers des ménages éligibles au LEP n’en détiennent pas. Autrement dit, des centaines de milliers de personnes laissent sur la table un rendement supérieur à celui du livret A, simplement parce qu’elles n’ont pas fait la démarche d’ouverture.
Stratégie d’épargne réglementée : LEP d’abord, livret A ensuite
Si vous êtes éligible au LEP, la logique est simple. Remplissez le LEP en priorité jusqu’à son plafond de 10 000 euros. Placez le surplus sur votre livret A, qui accepte jusqu’à 22 950 euros. Si vous avez encore de la trésorerie au-delà, le LDDS (livret de développement durable et solidaire) offre un plafond supplémentaire de 12 000 euros au même taux que le livret A.
En cumulant ces trois livrets, un épargnant éligible au LEP peut placer jusqu’à 44 950 euros d’épargne disponible, garantie et non fiscalisée.
Pour ceux qui ont un projet immobilier à horizon de plusieurs années, le PEL mérite un regard. Les PEL ouverts à partir du 1er janvier 2026 affichent un taux de 2 % brut garanti. Après application de la flat tax, le rendement net tombe à 1,4 %. C’est moins que le LEP, mais le PEL permet de constituer un apport sur un plafond de 61 200 euros, avec un droit à prêt associé.

Quand le livret A devient un simple compte tampon
Certaines banques mutualistes observent un changement d’usage. De plus en plus d’épargnants utilisent leur livret A comme un compte tampon, en y laissant l’équivalent d’un à deux mois de dépenses, et non plus comme un véritable placement de précaution.
Ce comportement a une conséquence : l’argent dort sur le livret A sans atteindre un niveau où les intérêts deviennent significatifs. Si vous êtes dans cette situation et que vous êtes éligible au LEP, transférer une partie de cette épargne vers le LEP vous rapporte davantage sans perdre en liquidité.
Le choix entre livret A et LEP ne relève pas d’une préférence. Le LEP est objectivement plus rentable pour qui y a droit. Vérifiez votre dernier avis d’imposition, comparez votre RFR au plafond correspondant à votre nombre de parts, et ouvrez un LEP si vous n’en avez pas. Le livret A reste un bon complément une fois le LEP rempli, mais il ne devrait pas être le premier réflexe d’épargne des ménages modestes.

