Un contrat AESH de 24 heures hebdomadaires ne correspond pas à 24 heures payées sur la base d’un temps plein. La rémunération dépend d’une quotité de travail exprimée en pourcentage, calculée à partir du nombre d’heures annualisées rapporté aux 1 607 heures légales. Comprendre ce mécanisme est le seul moyen de retrouver le montant net affiché sur la fiche de paie.
Quotité de travail AESH 24h : le pourcentage qui détermine tout
Le salaire d’un AESH n’est pas calculé à l’heure comme dans le secteur privé. Le rectorat convertit d’abord les heures hebdomadaires en volume annuel, puis divise ce volume par 1 607 (durée légale annuelle de travail dans la fonction publique). Le résultat donne la quotité.
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Pour un contrat de 24 heures par semaine sur 41 semaines (durée scolaire standard), le calcul donne : 24 x 41 = 984 heures annuelles. Divisé par 1 607, cela produit une quotité d’environ 61 à 62 %, arrondie à l’entier supérieur selon les académies. Un contrat 24h correspond donc à environ 62 % d’un temps plein.
Ce pourcentage s’applique directement au traitement brut. Autrement dit, le salaire brut affiché pour un temps plein est multiplié par 0,62. Toutes les composantes de la paie (traitement indiciaire, retenues, cotisations) suivent cette quotité.
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Du brut indiciaire au net AESH : formule de calcul étape par étape
Le traitement brut mensuel d’un agent public se calcule avec une formule simple : indice majoré x valeur du point d’indice. La valeur mensuelle brute du point d’indice est de 4,92278 euros depuis juillet 2023.
Prenons un AESH à l’échelon 1 (indice majoré 371). Le traitement brut temps plein mensuel est de 371 x 4,92278, soit environ 1 826 euros brut. Appliqué à une quotité de 62 %, le brut mensuel tombe aux alentours de 1 132 euros.
Les retenues qui font fondre le brut
Le passage du brut au net suit les mêmes règles que pour tout agent contractuel de la fonction publique. Les principales retenues sont :
- La CSG et la CRDS, prélevées sur une assiette légèrement différente du brut fiscal (environ 98,25 % du traitement brut)
- La cotisation retraite (IRCANTEC pour les contractuels), dont le taux salarié tourne autour de quelques pourcents du traitement brut
- La contribution exceptionnelle de solidarité, appliquée sous certaines conditions de rémunération
Au total, les retenues représentent généralement entre 20 et 23 % du traitement brut. Pour un brut à 62 % autour de 1 132 euros, le net avant indemnités se situe dans une fourchette de 870 à 900 euros selon l’échelon et l’académie.
Grille indiciaire AESH 2026 : impact de l’échelon sur le net mensuel
La grille comporte 11 échelons, allant de l’indice majoré 371 (échelon 1) à l’indice majoré 455 (échelon 11). L’amplitude totale représente 84 points d’indice, soit un gain net d’environ 331 euros entre le début et la fin de carrière, pour un temps plein.
À 62 %, ce gain se réduit proportionnellement. Chaque changement d’échelon ajoute entre 4 et 10 points d’indice selon la position dans la grille. Les trois premiers échelons sont resserrés (4 à 5 points d’écart), tandis que les suivants progressent de 10 points.
Le passage d’échelon est automatique, lié à l’ancienneté. Aucune démarche n’est nécessaire, mais vérifier sa fiche de paie après un changement d’échelon reste prudent : des erreurs de saisie existent.
Comparaison avec le SMIC 2026
Le SMIC a été revalorisé au 1er juin 2026 de 2,41 %, portant le SMIC horaire brut à 12,31 euros et le mensuel brut temps plein à 1 867,02 euros. Le traitement brut d’un AESH échelon 1 reste en dessous de ce seuil en temps plein, et la quotité de 62 % creuse encore l’écart en valeur absolue.
Cette proximité avec le plancher légal explique les revendications récurrentes des syndicats en 2026. Le salaire net d’un AESH 24h à l’échelon 1 reste nettement inférieur au SMIC net temps plein.

Indemnité de fonctions AESH : le complément qui change la fiche de paie
Depuis septembre 2023, les AESH perçoivent une indemnité de fonctions versée mensuellement. Cette indemnité s’ajoute au traitement indiciaire et n’est pas soumise aux mêmes retenues que le brut.
Elle vient compenser partiellement la faiblesse du traitement de base. Son montant est proratisé selon la quotité de travail : un AESH à 62 % ne touche pas le montant plein.
Autres compléments possibles
Selon la situation personnelle et géographique, d’autres éléments peuvent apparaître sur la fiche de paie :
- Le supplément familial de traitement (SFT), versé à partir de deux enfants à charge, proratisé à la quotité
- L’indemnité de résidence, variable selon la zone géographique d’affectation (trois zones distinctes)
- L’indemnité compensatrice CSG, destinée à compenser la hausse de CSG intervenue en 2018
- L’indemnité REP ou REP+, pour les AESH exerçant en réseau d’éducation prioritaire
Ces compléments peuvent représenter plusieurs dizaines d’euros nets par mois. Le net réellement perçu dépasse donc le seul traitement indiciaire proratisé, mais le total reste modeste au regard de la charge de travail décrite par les agents.
Heures invisibles et salaire réel : ce que le calcul brut ne montre pas
Le contrat mentionne 24 heures hebdomadaires d’accompagnement. Les témoignages relayés par les collectifs et syndicats en 2026 insistent sur le décalage entre ces heures contractuelles et le temps réellement consacré au poste. Préparation, réunions d’équipe éducative, échanges avec les familles : ces tâches ne sont pas toujours comptabilisées dans la quotité.
Ce décalage n’apparaît nulle part sur la fiche de paie. Le salaire net rémunère la quotité contractuelle, pas la charge réelle. Cette réalité alimente l’insatisfaction croissante documentée par plusieurs organisations syndicales cette année.
Le calcul présenté dans cet article permet de vérifier chaque ligne du bulletin de paie. La formule reste la même quel que soit le nombre d’heures contractuelles : indice majoré, valeur du point, quotité, retenues. Modifier un seul paramètre (changement d’échelon, revalorisation du point d’indice, ajustement de la quotité) suffit à recalculer le net attendu.

