Pas de suspense inutile : le bitcoin, contrairement à l’euro ou au dollar, n’a pas vocation à se multiplier à l’infini. Son existence repose sur le minage, cette mécanique complexe qui fait tourner la grande roue des cryptomonnaies. À la différence des banques centrales capables de créer de la monnaie par simple décision, les unités de bitcoin se méritent, bloc après bloc, à grands coups de calculs informatiques. Mais cette aventure n’est pas sans limite. Le plafond est fixé, la règle inscrite dans le code. Alors, jusqu’à quand le jeu du minage pourra-t-il continuer ?
Quand le dernier bitcoin sera-t-il extrait ?
Impossible de miner du bitcoin sans se heurter à la barrière des 21 millions d’unités. C’est le pacte fondateur, inaltérable, gravé dans son ADN numérique. À ce jour, près de 19 millions de bitcoins circulent déjà entre portefeuilles numériques, ce qui représente plus de 90 % du stock total. Autrement dit, la grande majorité a déjà été forgée, mais il reste environ 3 millions d’unités à récupérer. Ce chiffre paraît modeste, mais le processus s’allonge à mesure qu’on approche du seuil final.
Les données ne mentent pas : la complexité du minage augmente, les récompenses diminuent à chaque « halving » (division par deux de la prime de minage, tous les quatre ans environ). D’après les projections admises par la plupart des spécialistes, il faudra patienter jusqu’aux alentours de 2140 pour que le tout dernier bitcoin soit effectivement extrait. Oui, vous avez bien lu : plus d’un siècle à attendre avant d’atteindre le terme de cette course de fond.
Cependant, la fin du minage de nouveaux bitcoins n’implique pas le retrait des mineurs. Leur rôle évoluera mais ne disparaîtra pas : ils continueront de sécuriser la blockchain et de valider les transactions. Leur rétribution proviendra alors essentiellement des frais de transaction inclus dans chaque transfert de bitcoin. À ce stade, le nombre de bitcoins en circulation sera figé, mais leur rareté devrait mécaniquement renforcer leur valeur, tout comme celle des commissions perçues par les mineurs.
En clair, le minage du bitcoin reste aujourd’hui accessible à ceux qui veulent s’y essayer, malgré une concurrence de plus en plus rude et des exigences techniques toujours plus élevées.
Comment s’y prendre pour miner le bitcoin ?
Le minage de bitcoin n’est pas une aventure qui s’improvise. Avant de se lancer, il faut réunir plusieurs prérequis : une machine adaptée, une alimentation électrique robuste, une connexion internet stable. Une fois ces bases réunies, trois grandes voies se dessinent, chacune avec ses avantages et ses contraintes.
- Construire soi-même son installation de minage : cela implique d’assembler de A à Z le matériel nécessaire, carte graphique, processeur, système de refroidissement… Un vrai défi technique, aujourd’hui réservé à ceux qui ont du temps, des compétences et surtout un budget solide, tant les équipements coûtent cher.
- Acheter une machine de minage déjà configurée : cette option attire ceux qui veulent aller à l’essentiel sans passer par la case bricolage. L’investissement reste conséquent, mais cette solution rassure les profils moins aguerris au montage informatique.
- Opter pour le cloud-mining : ici, pas besoin de gérer du matériel chez soi. On loue de la puissance de calcul à une société spécialisée, en échange d’une part des gains générés. C’est la voie la plus accessible pour un débutant, mais elle comporte aussi son lot de risques : fiabilité des prestataires, rentabilité incertaine, exposition à d’éventuelles arnaques.
À chacun de peser le pour et le contre, selon ses moyens et ses ambitions. Miner du bitcoin, aujourd’hui, c’est accepter de naviguer dans un univers où rien n’est jamais garanti, mais où la quête de la récompense pousse à repousser les frontières techniques.
Alors, quand le dernier bitcoin sera-t-il miné ? Difficile de le voir de notre vivant, mais une chose est sûre : chaque bloc extrait aujourd’hui écrit une page d’une histoire vouée à se refermer. D’ici là, le minage continuera d’attirer pionniers, curieux et spéculateurs, tous happés par le défi de cette monnaie au compte à rebours.


